Rupture du ligament croisé
Informations
Visualisation non médicale — aide à la compréhension.
Pourquoi dit-on de ce ligament qu’il est “croisé” ?
Le genou contient deux ligaments appelés ligaments croisés : le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé postérieur (LCP). On les appelle ainsi car ils se croisent au centre de l’articulation, formant un “X” entre le fémur et le tibia.
Le LCA joue un rôle majeur dans la stabilité du genou, notamment lors des mouvements de pivot, de freinage ou de changement de direction.
Définition et épidémiologie
La rupture du LCA est une lésion ligamentaire grave, fréquente chez les sportifs pratiquant des activités avec des changements brusques de direction (football, ski, rugby, handball…).
Elle représente une part importante des blessures du genou, avec une incidence estimée entre 30 et 80 cas pour 100 000 personnes par an, selon les populations étudiées.
Elle touche particulièrement les adultes jeunes et actifs
Incidence élevée chez les sports à pivots, public jeune et actif.
Quels sont les mécanismes lésionnels ?
Le LCA se rompt le plus souvent sans contact direct, lors de gestes comme :
L’opération est-elle obligatoire ?
Non, la chirurgie n’est pas systématiquement nécessaire.
La décision dépend de plusieurs facteurs :
Quelles sont les options chirurgicales ?
En cas de rupture complète du ligament croisé antérieur, une opération peut être proposée.
Le plus souvent, il ne s’agit pas de "recoller" le ligament, mais de le reconstruire à l’aide d’un greffon.
Il existe plusieurs techniques chirurgicales :
Autogreffe on utilise un tendon prélevé sur le patient lui-même :
Tendon rotulien (KJ) : très solide, bon pour les sportifs de haut niveau, mais parfois source de douleurs antérieures au genou.
Tendons ischio-jambiers (DIDT) : plus doux, récupération un peu plus rapide au niveau du site donneur.
Quadriceps (QT) : de plus en plus utilisé, bon compromis entre force et douleur postopératoire.
Allogreffe
Allogreffe : greffon provenant d’un donneur. Plus rare, l’allogreffe est utilisée dans certains cas particuliers (réinterventions, multi-ligamentaires…).
Il est fréquent que la rupture du LCA s’accompagne de lésions associées :
Ces lésions doivent être identifiées en préopératoire (IRM) et parfois traitées pendant l’intervention.
Quand faut-il commencer la rééducation ?
Le plus tôt possible.
Dès les premiers jours suivant la blessure (ou l’opération si elle a lieu), il est recommandé de commencer une rééducation adaptée.
Les objectifs initiaux sont :
Un démarrage précoce permet souvent de mieux préparer le genou à une éventuelle chirurgie.
Comment se déroule la rééducation ?
La rééducation se fait en plusieurs étapes progressives et peut s’étaler sur 6 à 12 mois
Le kinésithérapeute adapte la progression en fonction de la douleur, de la stabilité, et des objectifs du patient.
Quand peut-on reprendre le sport ?
Le retour au sport après une rupture du LCA ne dépend pas d’un simple délai en mois, mais repose sur des critères fonctionnels précis.
Parmi les outils utilisés pour guider cette décision, on retrouve le K-STARTS (Knee–Surgery–Return to Activity–Standardized test), une batterie de tests qui évalue :
En parallèle, des tests isocinétiques sont souvent réalisés pour mesurer la force des muscles fléchisseurs et extenseurs du genou de manière précise.
Le retour au sport est envisagé lorsque le genou blessé atteint au moins 90 % de performance par rapport au côté sain, sur ces différents tests.